DISPARUUUUUUU !
« Tenez, Monsieur : regardez-moi bien. Vous me voyez encore, vous croyez que je suis Monsieur Untel ? Né à tel endroit ? Qui a tel âge ? Tel métier ? … Eh bien, regardez-moi attentivement, Monsieur : je suis en train de devenir personne, même pas un numéro, une idée, une abstraction, une petite vapeur, un pfouh, un pouh-pouh ! un pfuit ! un zzzzzzz !… J’étais un « individu », un « citoyen », je m’appelais : Monsieur… heu… heu… Ah ! … Monsieur comment ? Comment donc !… […] Vous voyez, je ne peux même plus retrouver mon nom, le nom de ce quidam ! Je, tu, il, moi, lui, vous, untel ! … Oh, oh, c’est le symptôme ! C’est ça ! Voilà la crise ! la crise finale ! Je vais disparaître, je vous le dis, je vais disparaître ! … Je vais dis-pa-raî-tredans la foule !… Regardez-moi encore une fois : dans un instant, pfuitttt ! … j’aurai disparu dans la foule, entendez-vous ? […] Dis-pa-ru… disparuuuuuuu !… »
Jean Tardieu, Poèmes à jouer, 1960, in Œuvres, Éditions Gallimard, Collection Quarto, 2003, page 851.
n.d.r. il tutto regalatomi da Matisse.
p.
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raelmozo ha rebloggato questo post da pantiloni e ha aggiunto:
fuori luogo: DISPARUUUUUUU !
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postato da pantiloni